Société : PODDED plaide pour le respect des droits des travailleurs domestiques

Société : PODDED plaide pour le respect des droits des travailleurs domestiques

Lomé, 26 juin (ATOP) – La Plateforme des organisations de défense des droits des employés domestiques au Togo (PODDED) a plaidé pour le respect des droits des travailleurs domestiques opérant auprès des expatriés, des fonctionnaires internationaux et autres personnalités lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 24 juin à Lomé.

Cette conférence de presse a permis au coordonnateur national, Apétsi Kwuami Edmond d’éclairer les journalistes sur les objectifs et l’argumentaire du plaidoyer. C’était aussi l’occasion d’inviter les populations surtout les jeunes femmes domestiques désireuses de travailler à l’extérieur à s’approprier des renseignements sur leurs droits et l’existence des associations œuvrant pour leur épanouissement.

Pourquoi ce plaidoyer ?

Afin de faciliter l’accès au travail décent des travailleurs domestiques, M. Apétsi a indiqué que ce plaidoyer vise à sensibiliser particulièrement les employeurs expatriés sur le respect des droits des employés domestiques. Il s’agit aussi de présenter la situation des travailleurs domestiques au Togo, d’accélérer le processus de ratification de la Convention C189 et la mise en œuvre de la recommandation 201 de l’OIT pour faciliter la protection des travailleurs domestiques opérant auprès des expatriés. Il est également question d’œuvrer pour le retour des enfants travailleurs à l’école ou dans un centre d’apprentissage ainsi que la sensibilisation des ménages pour leurs abonnements aux services de collectes des déchets ménagers.

Etat des lieux des conditions de vie et de travail des domestiques

La proportion des travailleurs domestiques ne cesse de croître au Togo. Ils seraient de plus de 500.000 à offrir leurs services. Cette forte demande exprimée par les ménages s’explique par plusieurs facteurs, notamment les exigences du monde professionnel qui rendent difficile la conciliation de l’activité familiale et la vie professionnelle surtout pour les femmes ; l’assistance aux personnes âgées dans un contexte où des structures spécialisées n’existent pratiquement pas et l’assistance aux personnes en situation de handicap à autonomie très réduite. Le droit de la plupart des employés domestiques sont bafoués. Ils n’ont pas de contrat de travail, ne perçoivent pas le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

Les travailleurs domestiques n’ont pas de repos hebdomadaire, ni de congé annuel et de maternité et ne sont ni déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ni membres d’une mutuelle de santé. Selon les résultats de l’enquête de terrain réalisée en 2018 par PODDED dans la région Maritime et Lomé commune, seulement 2% des travailleurs domestiques sont déclarés à la CNSS et 65% des employés ont un salaire inférieur à 25.000 FCFA alors que le SMIG est à 35.000 FCFA.

Quelques difficultés majeures des travailleurs domestiques

Pour M. Apetsi, il y a une dévalorisation du travail domestique due au fait que la majorité des employeurs expatriés estime cette main d’œuvre trop bon marché et par conséquent de moindre importance, la difficulté pour les travailleurs domestiques d’adhérer à des syndicats pour mieux défendre leurs droits. Pour lui, certaines pratiques sont en déphasage avec nos réalités culturelles pouvant porter atteinte à l’intégrité physique ou morale des travailleurs et l’absence du cadre juridique adéquat facilite les abus de tout genre ainsi que le non-respect du droit à la protection sociale.

Les dispositions à l’endroit des autorités et des employeurs

M. Apétsi a invité les autorités à signer la Convention 189 de l’OIT, appliquer les dispositions de la recommandation 201 de l’OIT et à valider l’arrêté portant réglementation du travail domestique au Togo.

Pour le coordonnateur national, les employeurs ont l’obligation d’inscrire les travailleurs domestiques à la CNSS ou à une mutuelle de santé, de créer un cadre de travail décent et le retour des enfants travailleurs domestiques à l’école ou dans un centre d’apprentissage.

Mme Agbéssimé Aféafa, une des employés expatriés a raconté les mésaventures du Liban où elle a subi des comportements inhumains. Elle a exhorté ces sœurs domestiques à éviter le Liban même si l’offre de salaire est alléchante. ATOP/SED/OAF

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