Assemblée Nationale / 7eme séance plénière de la première session ordinaire de l’année:  les députés adoptent à l’unanimité le projet de loi relatif à l’alimentation scolaire

Assemblée Nationale / 7eme séance plénière de la première session ordinaire de l’année: les députés adoptent à l’unanimité le projet de loi relatif à l’alimentation scolaire

Lomé, 24 juin (ATOP) – Les députés ont adopté à l’unanimité, le mardi 23 juin au siège de l’hémicycle à Lomé, le projet de loi relatif à l’alimentation scolaire au cours de leur 7eme séance plénière de la première session ordinaire de l’année.

La séance a été présidée par la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Tségan Yawa Djigbodi en présence des ministres des Droits de l’Homme et chargé des Relations avec les Institutions de la République, Eninam Massia Christian Trimua et du Développement à la base, de l’Artisanat et de la Jeunesse, Mme Sidemeho Tomegah-Dogbe.

Selon l’exposé des motifs, le projet de loi sur l’alimentation scolaire comporte 37 articles regroupés sous 7 chapitres. Il vise à poser les bases d’un développement optimal à travers : la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel renforcé ; les conditions d’organisation sécurisée, de coordination et de supervision à respecter par tous les acteurs ; la mobilisation de toutes les parties prenantes y compris le secteur privé, la société civile et les partenaires internationaux.

L’adoption de ce texte permet au Togo d’optimiser la contribution des différentes parties prenantes, en vue d’accroître la couverture et l’impact de l’alimentation scolaire sur le bien-être, l’éducation et la santé des enfants ; de pérenniser le développement économique local, particulièrement celui des zones les plus vulnérables à travers les approvisionnements en produits locaux de proximité. Le vote de cette loi permet l’institutionnalisation du programme de cantines scolaires et la mobilisation de plus de ressources pour la pérennisation de ce programme au profit des enfants.

Mme Tségan Yawa a adressé sa reconnaissance à la ministre chargée du Développement à la Base et celui des Droits de l’Homme, ainsi qu’à leur équipe pour la disponibilité et l’expertise. Selon elle, cette loi aura le mérite d’améliorer l’apprentissage, car elle met l’accent sur l’hygiène et la sécurité sanitaire, la responsabilité des différents acteurs, le cadre de gestion et de pilotage, sans oublier les sanctions en cas de détournement des ressources et produits destinés au programme.

Pour elle, le programme de cantines scolaires est présenté comme l’un des investissements les plus importants du Togo ayant un impact considérable sur l’assiduité, le temps d’apprentissage et surtout l’augmentation du taux d’inscription, ainsi qu’un meilleur résultat aux examens nationaux des enfants. « Cette démarche se fonde sur une parfaite collaboration du milieu scolaire avec les promoteurs agricoles locaux et l’entrepreneuriat local », a-t-elle précisé. Elle a exprimé sa satisfaction face à l’adoption de cette loi  qui porte sur autant d’éléments majeurs de réduction de la vulnérabilité des populations et qui préfigure une aube nouvelle.

La ministre Tomegah-Dogbe a souligné que la mise en œuvre du programme d’alimentation scolaire a produit des résultats qui méritent d’être amplifiés et encouragés. Elle a mentionné une augmentation de l’effectif scolaire de 9,4% (surtout des filles) dans les écoles bénéficiaires contre 7% dans les écoles non bénéficiaires, précisant que les repas servis aux enfants dans ces cantines leur apportent 60 à 75% des besoins quotidiens en calories. Elle a dit qu’« aujourd’hui ce sont plus de 91.000 élèves dans 315 écoles primaires publiques du Togo qui bénéficient des cantines scolaires. En tout, plus de 72,3 millions de repas ont été distribués depuis 2008, mais grâce à l’acte que vous venez de poser, nous pouvons porter l’expérience à échelle ». « Par ce vote, vous marquez votre volonté de renforcer cette lutte qui a commencé dans les écoles. Vous avez décidé que l’adage « ventre affamé n’a point d’oreilles » ne trouve point d’écho dans les salles de classes du primaire. Vous avez choisi, au nom du peuple, d’inscrire dans la loi le droit à l’alimentation des petits écoliers togolais. Je voudrais vous assurer de l’engagement du gouvernement à s’assumer pleinement en mettant en œuvre tous les moyens de la République qui s’imposent », a conclu la ministre.

L’institutionnalisation de l’alimentation scolaire remonte à 2008 à travers le Projet de développement communautaire (PDC plus) et de filets sociaux. Le programme a reçu un financement de la Banque mondiale à hauteur de 13,7 milliards de franc CFA en 2019 et une contrepartie nationale de 6 milliards de franc CFA. Les évaluations d’impacts sur la période 2008-2017 ont révélé l’efficience du programme par rapport aux autres pays d’Afrique subsaharienne. ATOP/OAF/AR

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