Vision du nouveau gouvernement :  cap sur la modernisation du pays  et la transformation  structurelle de l’économie

Vision du nouveau gouvernement : cap sur la modernisation du pays et la transformation structurelle de l’économie

Par AMEKOUVO S. Akouétey 

Au lendemain de la formation de la nouvelle équipe gouvernementale de 33 ministres, le Premier ministre, Mme Victoire Tomégah-Dogbé a décliné le vendredi 2 octobre dernier, à la représentation nationale, son programme d’action qui résulte de la nouvelle vision du président de la République, Faure Gnassingbé pour son pays sur les cinq prochaines années.

Cette déclaration de politique générale s’articule autour de trois axes à savoir : renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales et consolider la paix ; dynamiser la création d’emplois en s’appuyant sur les forces de l’économie ; moderniser le pays et renforcer ses structures.

Ce programme d’action qui a reçu l’onction du parlement est non seulement une déclinaison du programme politique du chef de l’Etat mais aussi l’opérationnalisation du Plan national de développement (PND) dont l’ambition est de faire du Togo, une plateforme économique par excellence dans la sous-région sur la période 2018-2022.

Renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales et consolider la paix

Le gouvernement s’engage à « renforcer le capital humain et assurer la solidarité nationale ». Dans cette optique, il procèdera à l’identification biométrique de tous les Togolais conformément à la loi n°2020-009 du 10 septembre 2020 en vue de la réalisation des différents programmes sociaux (santé, filets sociaux, prévoyance sociale, éducation, eau, électricité…). Un registre social unique sera également mis en place afin d’améliorer le ciblage transparent de tous les bénéficiaires des programmes sociaux et de protection sociale comme le Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI), les transferts monétaires et les cantines scolaires.

Dans le domaine de la santé, le gouvernement envisage d’assurer un accès universel aux soins à travers la mise en place d’une assurance maladie pour tous, la modernisation des infrastructures et des équipements. « Notre objectif est d’améliorer la qualité des soins de santé qui seront d’ailleurs gratuits pour les femmes enceintes et de rapprocher les centres de soins et de santé des populations », a souligné le Premier ministre, ancien ministre du Développement à la base dans le gouvernement de Selom Klassou.

Dans le secteur de l’éducation, il s’agira concrètement de mettre en œuvre un programme de construction de salles de classes sur toute l’étendue du territoire, de renforcer les filières de formations professionnelles et d’apprentissage à travers la poursuite du programme de construction des Instituts en Alternance pour le développement (IFAD). « L’objectif étant de disposer de dix IFAD au cours des cinq prochaines années et le renforcement des infrastructures avec la construction de trois collèges universitaires», selon Mme Tomégah-Dogbé.

Dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, les progrès seront consolidés afin d’atteindre un taux de desserte de 85% en matière d’accès à l’eau potable dans les centres urbains et les zones rurales et de 75% en matière d’accès à l’électricité.

Dynamiser la création d’emplois en s’appuyant sur les forces de l’économie

Dans cet axe, un accent particulier sera accordé à la jeunesse. Au dire du Premier ministre, cette jeunesse a besoin « d’être renforcée, soutenue et portée en lui offrant le cadre pour s’autonomiser économiquement et en créant des emplois décents et rémunérateurs ». Ainsi, un dispositif de financement et d’appui aux Très petites et moyennes entreprises (TPME) fera  l’objet d’une réforme avec pour objectif « de faciliter l’accès au financement, de digitaliser les procédures et de dynamiser ce tissu économique ».

Dans le secteur de l’agriculture, le Premier ministre reconnait que ce domaine  « ne fait pas vivre son homme » malgré qu’il soit « le pilier de notre économie et le principal employeur ». Pour cela, elle ambitionne rendre ce secteur rémunérateur et attractif pour la jeunesse à travers l’approfondissement de sa transformation, en y introduisant plus de mécanisation.

Parallèlement, dit-elle, « nous devons poursuivre et accélérer le désenclavent de nos localités d’où un projet spécifique d’extension, d’aménagement et de renforcement de pistes rurales permettant de construire 4000 km de pistes ».

En matière de création de la richesse et conformément au Plan national de développement (PND), le gouvernement compte continuer la promotion de l’économie maritime. L’objectif étant de faire du Port autonome de Lomé, un hub logistique de référence dans la sous-région ouest africaine à travers la poursuite de la digitalisation des opérations portuaires afin que le pays serve toujours de porte d’entrée, de carrefour et de terre de transit.

« Le dédoublement de la route national n°1 dans le cadre de l’autoroute de l’unité qui relie toutes les régions du Togo Nord au Sud, viendra parachever cette ambition en rapprochant encore plus Lomé de Ouagadougou, de Niamey et de Bamako », a mentionné la cheffe du gouvernement.

Le dernier pilier économique sur lequel le gouvernement se projette est le développement de la plateforme industrielle d’Adéticopé ainsi que la transformation des ressources naturelles notamment les phosphates en engrais.

Moderniser le pays et renforcer ses structures

 La modernisation du pays et le renforcement des structures est le leitmotiv de l’exécutif qui se dit être dans « une posture d’ouverture, d’apport de solutions vis-à-vis notamment des populations ». Pour cela, le digital sera indéniablement au cœur de cette modernisation, car il nous permet, selon la cheffe du gouvernement « de briser les barrières et de réduire les distances pour favoriser l’inclusion sur tout le territoire ». Un accent particulier sera mis sur la digitalisation des services et parcours publics, a ajouté Mme Tomégah-Dogbé. Le Premier ministre conditionne déjà cette réalisation par l’effectivité d’«une couverture réseau internet fixe et mobile de qualité, fiable, partout et pour tous ».

Une justice au service de la population, une diplomatie de la paix et de coopération ainsi que la mise à disposition des moyens nécessaires aux forces de défense et de sécurité pour continuer à monter en puissance afin d’anticiper la menace terroriste, figurent aussi parmi les  actions de ce gouvernement.

« L’enjeu des cinq prochaines années est de réussir à accélérer et approfondir les résultats encourageants qui ont été si chèrement acquis ces dernières années. Nous sommes convaincus que la relance de notre économie durement frappée par la crise sanitaire actuelle passe par sa transformation structurelle », a signifié la patronne du gouvernement.

Pour le porte-parole du gouvernement, ministre de la Communication, des medias, Prof Akodah Ayewouadan, « ces trois axes étaient déjà en mouvement dans le PND ». Pour lui,  « le nouveau gouvernement en s’appuyant sur ces axes veut apporter de la plus-value afin d’aller encore plus loin ».

En grosso modo, ce programme gouvernemental traduit la nouvelle vision du président de la République, celle de faire du Togo, un pays émergeant à l’horizon 2030. Pour l’heure, le financement adéquat de la feuille de route taraude les esprits, une équation accentuée avec la pandémie de coronavirus (COVID-19).

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