Transformation de la tomate : le groupement ANIS FINES GOULES manque de matériel

Transformation de la tomate : le groupement ANIS FINES GOULES manque de matériel

Par Jeanne TASSEBA

Au Togo, la tomate, cultivée dans presque tout le pays, est considérée comme un élément important dans l’alimentation. Cette denrée, très appréciée à cause de sa valeur nutritive, est de ce fait très demandée tant en milieu rural qu’urbain. Cependant, le paradoxe avec la tomate comme pour toutes les denrées périssables, est qu’en période d’abondance, il n’y a pas de moyen pour leur conservation. Pour résoudre ce problème, le Plan national de développement (PND) 2018-2022, lancé le 4 mars 2019 par le chef de l’Etat, a mis un accent, entre autres, sur la promotion de la transformation et de la conservation des  produits agricoles. Certains opérateurs économiques se sont inscrits dans cette dynamique. C’est le cas du groupement ANIS FINES GOULES basé à Lomé, formé par Mme Bénissan Gertrude et spécialisé dans la transformation des épices et la tomate. Malgré les appuis du ministère en charge de l’agriculture et ses partenaires, ce groupement fait face aux problèmes de matériel pour plus de production.

 Mme Bénissan Gertrude a démarré son activité en 2016 après sa formation au centre artisanal de Kpalimé, une ville située à 110 Km au nord-ouest de Lomé. Au début, elle transformait seulement 30 Kg de tomate par semaine en purée, confiture, jus, sirop et réalisait un chiffre d’affaire de 10.000 F CFA. Elle a été découverte en 2018 par les membres d’une équipe technique du ministère en charge de l’Agriculture à la première foire commerciale d’Adétikopé, une localité située à 20 km au nord de Lomé. Les techniciens de ce département l’encouragent à se mettre ensemble avec d’autres personnes pour bénéficier des appuis des partenaires. Mme Bénissan crée alors avec six autres femmes un groupement dénommé ANIS FINES GOULES mettant en relief les avantages d’un tel regroupement. Le groupement bénéficiera par la suite  des accompagnements techniques du ministère en charge de l’Agriculture, du Fonds National d’Apprentissage, de Formation et de Perfectionnement Professionnels (FNFAPP) et de la coopération allemande (GIZ), ce qui va impacter positivement la vie des membres. L’entente et la bonne ambiance qu’elle a instauré dans le groupement a permis aux membres de bien travailler car la répartition des tâches et le partage des bénéfices répondent à leurs attentes.

Les accompagnements techniques périodiques du ministère en charge de l’Agriculture, du FNFAPP et de la GIZ à travers des séminaires, ont permis de renforcer les capacités des membres du groupement et leur ont permis d’améliorer davantage la qualité des produits, sans aucun produit chimique ni additif, à la satisfaction de la clientèle. Avec son équipe, Mme Bénissan transforme aujourd’hui beaucoup plus de tomate améliorant ainsi le chiffre d’affaire.

« Au début de mes activités je transformait seulement 30 Kg de tomates par semaine pour un chiffre d’affaire de 10.000 F. Mais étant en groupement et avec les appuis techniques du ministère en charge de l’Agriculture et de ses partenaires, nous avons pu améliorer la quantité et la qualité de nos produits. Aujourd’hui, nous transformant  200 Kg de tomate pour un chiffre d’affaires de 100.000 F. Bien que nous ayons augmenté les prix, nos produits sont  de plus en plus sollicités à cause de la qualité. Avec les bénéfices tirés de la vente, nous avons amélioré nos conditions de vie ; nous contribuons aux charges de nos ménages et nous subvenons aux besoins de nos enfants notamment en matière d’éducation et de santé. Même les élèves nécessiteux en quête de travail pendant les vacances nous leur offrons du travail pour pouvoir préparer leur rentrée », a confié Mme  Bénissan.

Au-delà de ses membres, le groupement ANIS FINES GOULES, grâce à  son activité, participe également à l’amélioration des conditions de vie des producteurs qui ne voient plus leurs productions jetées à la poubelle en périodes d’abondance. Il permet aussi aux consommateurs de trouver à moindre coût les produits issus de la tomate pendant les périodes de pénurie. Le groupement contribue à la réduction de la consommation des produits importés dont la qualité pose souvent problème, et à l’essor économique du pays par le payement des taxes.

Malgré les avantages tirés des différents appuis et de la mise en commun des énergies des membres du groupement, la présidente, Mme Bénissan tire la sonnette d’alarme demandant le soutien matériel des partenaires en vue  d’augmenter la production «  Nous sommes reconnaissantes au ministère en charge de l’Agriculture et ses partenaires parce que c’est grâce à leurs appuis techniques que la qualité de nos produits a pu être améliorée. Cependant notre problème aujourd’hui c’est l’insuffisance de matériel de travail pour transformer encore plus pour satisfaire la demande de  plus en plus croissante. C’est pourquoi nous sollicitons encore nos partenaires à nous appuyer en matériel de travail pour augmenter nos productions », a-t-elle dit.

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